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Quelques Francs-Maçons qui se sont distingués ou ont subi une répression à Brest

René Arburger (1892-1959) Ingénieur général (deux étoiles) de la Marine. En 1910, devenu premier-maître mécanicien de la marine, à l'issue de ses études à l'école professionnelle de Gérardmer. Il est embarqué comme quartier-maître sur le Suffren. campagne coloniale sur le croiseur Jeanne d'Arc où il reste cinq ans. Il visite la plupart des mers et océans du globe jusqu'en 1914. Durant la Grande guerre, il participe aux combats qui se déroulent dans la Manche, la Méditerranée, les Antilles et l'Amérique centrale. En 1917, il met pied à terre pour effectuer un long stage au centre d'essai des dirigeables de la marine, où il retrouve le souvenir des frères Renard, pionniers lamarchois du dirigeable. Il retourne ensuite à la vie civile et construit des moteurs Diesel. L'attrait de la mer le reprend bientôt. En 1922 et 1923, il suit à nouveau les cours des élèves ingénieurs-mécaniciens de l'École Navale de Brest. Période où il est initié franc-maçon. Il fait ensuite campagne en Chine, sur le Waldeck-Rousseau, puis il se rend au Japon. Il rallie les FFL (Forces Françaises Libres) en 1942. En raison de son charisme, est considéré comme l’une des plus importantes recrues des Forces Navales libres. Lorsqu'il peut enfin revenir dans les Vosges, en décembre 1944, il apprend que son fils Maurice, maquisard, a été arrêté au retour d'une mission à Lamarche (Vosges). Les Allemands l'ont fusillé sur le bord d'une route. Son neveu Marcel Arburger a également été fusillé à Épinal, le 18 janvier précédent. À sa demande, René Arburger est dégagé des cadres en 1946. Il se retire à cette époque dans sa villa de Ker Arbur à Moëlan-sur-Mer, où il passe le reste de son existence. Commandeur de la Légion d'Honneur en 1947.

Roger Bothuan, (1910-1944) Directeur de l'école communale de Kerlouan (Finistère) de 1938 à 1944. Roger Bothuan s'engage dans la résistance locale dès le début de l’occupation allemande. Il est agent de liaison du réseau "Alliance" puis "Défense de la France". Il se charge de recruter des résistants. Il met en place un dispositif pour le recueil de renseignements et la transmission en faveur des alliés. Arrêté par la Gestapo dans son appartement, au-dessus de l'école, le 9 juin 1944 sur dénonciation, Il est interné à la prison de Pontaniou à Brest. Il est exécuté (fusillé) une semaine avant son 34e anniversaire, le 7 août 1944, peu avant la libération de Brest. Son corps n'est toujours pas retrouvé. Il est décoré à titre posthume pour ses actes de résistance face à l'ennemi nazi. Présenté par son père (Pierre Bothuan, franc-maçon depuis 1932), il est initié par la respectable Loge "Les amis de Sully" à l’Orient de Brest en 1936.

Delavigne. Commissaire de police. Révoqué en septembre 1941 parce que franc-maçon de la GLDF, il quitte son emploi avant de recevoir son avis de révocation. Recherché par la police de Vichy à la demande expresse du préfet du Finistère, il se réfugie à Paris. On perd sa trace à ce moment.

 

 

Maurice El Mechali, (1895-1944), Architecte. Propriétaire de l'hôtel Celtique à Brest. Il est convoqué une première fois en 1941 par les autorités allemandes au motif qu’il serait juif et franc-maçon. Il montre un certificat de baptême chrétien ce qui lui permet d'être relâché. Il est arrêté une deuxième fois le 12 avril 1943 avec son fils Maurice, un étudiant de 22 ans, par la brigade de Lesneven sur ordre de l’Aussenkommando de Brest car suspecté d’espionnage par l’Abwehr. Relâchés à nouveau, ils se réfugient chez Roger Bothuan (voir plus haut). Ils comprennent qu’il est préférable pour eux de fuir la France. Ils tentent une évasion par l’Espagne mais sont dénoncés par un passeur avant les Pyrénées. Ils sont déportés par le convoi n° 64, vers le camp d'extermination d'Auschwitz le 7 décembre 1943. Maurice El Mechali meurt le 31 mars 1944. Il fut vénérable de la Loge "Les amis de Sully" à l’Orient de Brest.

 

Charles-Camille Foulon (1912-1997) Professeur agrégé de grammaire, syndicaliste et homme politique. Né en 1912 à Marseille. Initié à Brest par la loge "Les Amis de Sully" en 1936. Il est responsable des Jeunes Socialistes à Brest sous le Front Populaire. En 1941, il passe à Rennes et rentre en résistance (Libération-Nord). Il fut membre du Comité Dépar-temental de Libération (CDL) d’Ille et Vilaine. Demeuré franc-maçon après la guerre, il s'affilie à la loge "La Parfaite Union" à l'Orient de Rennes. Il milite au sein de divers mouvements socialistes. À partir de 1962, il est candidat sous l'étiquette PSU à de multiples reprises, aux législatives et aux cantonales sans jamais être élu. À partir du début des années 1970, il réoriente son action au sein de la Ligue des droits de l'Homme. Il est membre du comité central de cette association de 1971 à 1981.

Résistant brestoisJules Le Gall (1881-1944) Grande figure de l'anarcho-syndicalisme, initié dans la Loge "les Amis de Sully" à l’Orient de Brest en 1921. Il accueille clandestinement Nestor Makhno (socialiste libertaire fondateur de l'Armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne) en 1922. Cofondateur de la Maison du Peuple, avec deux autres anarchistes qui n’étaient pas francs-maçons. Il est élu Vénérable Maître de cette Loge brestoise de 1932 à 1937. Il est interpellé le 24 juillet 1941 par la police française (encore sous la responsabilité des autorités de Vichy), puis interné administratif à Nantes aux motifs : ancien inscrit du Carnet B, individu supposé dangereux, menées antinationales. En avril 1943, Jules Le Gall est transféré à Compiègne où il tente une évasion qui n’aboutit pas. Il est déporté à Buchenwald sous le matricule 41186. Il meurt d’une septicémie dans ce camp de concentration en 1944. Les brestois continuent de cultiver sa mémoire. Un square porte son nom et le présente comme "Franc-Maçon et résistant".

Georges Le Lann. Initié en 1928 par la loge "Les Amis de Sully". Propriétaire de deux cinémas réquisitionnés en 1940 et 1941 pour servir de Kiné aux troupes allemandes. N’est pas indemnisé pour cela. Ce sont les deux seuls cinémas réquisitionnés (sur une dizaine dans Brest). Motif : propriétaire franc-maçon ayant affiché des préférences de gauche sous le Front Populaire. Débouté par la préfecture lorsqu’il adresse des réclamations, meurt de maladie et de chagrin à Morlaix où il s’est replié.

 

Jules Masson Maire de Brest et de Morlaix et franc-maçonHippolyte Masson (1875-1966) dit "le patriarche". Résistant et Homme politique breton. Ce fils d'un lieutenant des douanes, fonda le syndicalisme postier. En 1897, il adhéra à Ligue des droits de l'Homme. Pionnier du socialisme en Bretagne, il fut maire de Brest de 1912 à 1920 et député durant deux Républiques. Résistant durant la 2e guerre mondiale, il est arrêté par la Gestapo et interné administratif par Vichy pour appartenance maçonnique jusqu'en 1944, date à laquelle il est libéré. Il sera nommé maire de Morlaix à la Libération. De 1946 à 1955, il fut sénateur. Initié Franc-Maçon en 1904 par la Loge brestoise "Les Amis de Sully".

 

Guillaume Messager (1876-1967). Professeur de mathématiques et agrégé de physique. Initié en 1922 par la loge brestoise "Les Amis de Sully". Conseiller municipal de Brest. Révoqué en novembre 1941 pour appartenance maçonnique. À la libération, il est Adjoint aux finances de la première municipalité brestoise de l'après-guerre sous l'étiquette SFIO et responsable de la section socialiste de la ville. Pressenti pour devenir Maire, s'estimant trop âgé (69 ans), il ne se présente pas aux élections. Il est Chevalier de la Légion d'Honneur.

 

Yves Mindren, (1897-1963) Ingénieur de la marine. Il est initié en 1929 par la loge brestoise « Les Amis de Sully ». Fonctionnaire révoqué en novembre 1940, il entre en Résistance en 1942 sous la couverture d’inspecteur des réseaux électriques de l’Ouest (Compagnie Lebon), d’abord comme agent de renseignement occasionnel puis passeur de la ligne de démarcation pour le compte d’aviateurs abattus sur le territoire occupé ou de volontaires au service des FFL. Il signe son propre engagement à Londres en janvier 1943 et rentre aussitôt en France pour organiser le réseau Marathon (Paris, Normandie, Bretagne). Il est capturé à Paris, rond point des Champs-Élysées, sur dénonciation, en juillet 1943. La mention de son appartenance à la Franc-maçonnerie est inscrite dans son dossier. Il est interné successivement à Fresnes, Compiègne puis transféré à Buchenwald (Kommando de Schönebeck) sous le matricule 44909. Il s'évade le 11 avril 1945, lors d’un convoi encadré par les SS fuyant devant l’avancée américaine. Il rentre à Brest, s’installe ensuite quelques années à Vincennes mais revient à Brest. Il meurt en 1963 des suites d’une grave blessure reçue à Buchenwald.

Maurice Misrahi. Négociant en bonneterie. Affilié à la loge "Les Amis de Sully" en 1911. Spolié de ses biens en 1941 car juif. Déporté, il n’est pas revenu des camps.

 

 

 

Léon Louis Nardon. Percepteur. Il est deux fois Maire de Brest (de 1919 à 1920 et de 1921 à 1929). Révoqué de son poste de fonctionnaire en 1942 pour appartenance à la Maçonnerie. Il fut initié par la loge "Les Amis de Sully"

 

 

Jean-Louis Rolland (1891-1970) Commis de Marine. Initié en 1919 à Paris mais affilié à la loge "Les Amis de Sully" à l'Orient de Brest la même année. Il ne dépasse pas le grade d’Apprenti franc-maçon et renonce vite à son appartenance maçonnique tout en conservant de bonnes relations avec ses anciens frères. Militant communiste au début des années 1920, il passe au parti socialiste et est élu Maire de Landerneau. Il fit partie, en juillet 1940, des quatre-vingts parlementaires qui refusèrent de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Il intègre le réseau Jade-Fitzroy en 1943 (renseignements et évacuation par voies maritimes d’aviateurs alliés abattus, et d’agents FFL). Capturé en février 1944. Interné à Rennes. S’échappe en août du convoi le conduisant en Allemagne. Reprend la mairie de Landerneau à la Libération.

Michel Scheidhauer, Né en Alsace en 1877. Colonel d’infanterie coloniale. Franc-Maçon de la respectable loge « L’Heureuse Rencontre » GLDF de Brest. Élevé au 33ème grade de la Franc-Maçonnerie en 1925. Il est directeur de la Défense Passive Brestoise de 1941 à 1944. Il entre dans le réseau Bordeaux-Loupiac en septembre 1943, puis dans le réseau Jade-Fitzroy en octobre de la même année (suite à l’arrestation du chef de Bordeaux-Loupiac). Ce réseau d'évasion, travaillant en collaboration avec l'Intelligence Service et le réseau Shelburne, permit à des agents et aviateurs alliés de rejoindre par mer l'Angleterre à partir de Plouha, l'Aber-Wrach et Carantec. Recherché en mars 1944 par la Gestapo, il prend le large en direction de Rambouillet. Ne sera pas inquiété par la ensuite. De retour à Brest, il sera conseiller municipal après la Libération.

 

Isah-Meyer Sternlicht. Entrepreneur de peinture d’origine polonaise. Il est initié dans une loge de la GLDF. Il aide à l’évasion de Résistants capturés en janvier 1941 (candidats à l’évacuation vers l’Angleterre, qui sont capturés lors de la rafle à laquelle Weil-Curiel parvient à échapper). Il est spolié de ses biens, parce que juif. Disparu Nacht und Nebel (Nuit et Brouillard).

 

 

Désiré Talec. Fonctionnaire de l’administration. Initié à Boulogne sur mer, à la loge "Travail-Vérité-Justice". Réfugié à Douarnenez en 1940. Il aide le premier envoyé de la France-Libre à échapper à une rafle allemande en décembre 1940. Ce premier envoyé des FFL est André Weil-Curiel, lui-même frère maçon de la loge "L’union des peuples" de la GLDF (Grande Loge de France) à l’Orient de Paris.

 

 

François Tricot (1894- ?) Artisan radioélectricien. Il tient un commerce qui manque de clientèle dès les premiers mois de l’occupation. Initié en 1936 par la loge « Les Amis de Sully". Employé de l’Arsenal de Brest, il proteste à la fin octobre 1941 contre l’exécution des otages de Châteaubriant. François Tricot fait partie des 10 agents arrêtés lors d’un sabotage de l’arrivée d’électricité à l’atelier des machines. Est le seul à être poursuivi et condamné à une année de travaux forcés. Il est déporté de Compiègne le 22 mars 1944 (sous le matricule 60642) avec entre-autres, le quimpérois Louis Bernard vers le camp de concentration de Mauthausen en Autriche. Il sera ensuite transféré au camp de concentration de Gusen, toujours en Autriche. Il rentre à Brest au printemps de 1943 dans un état de santé précaire. Il confirmera à son retour qu’il aurait été relâché comme ses neuf autres camarades s’il n’avait pas été franc-maçon.


Voir également l'histoire des francs-maçons d'autres régions victimes des nazis